Malihuel, petite ville de la province de Santa Fe au nord ouest de Buenos Aires, a connu son heure de gloire jusque dans les années 70 lorsque sa lagune était une station balnéaire réputée où les hôtels et club regorgeaient de notables. Lorsqu'après 20 ans d'absence Felipe Felix retourne dans cette ville où enfant il passait les 3 mois d'été chez ses grands parents, la ville n'a plus son rayonnement d'antan. Selon ña Agrippina la guérisseuse, les eaux de la lagune, outragées, se sont rebellées contre les habitants, ensevelissant sous les inondations les marques de ce lieu de villégiature, bloquant à jamais les projets de développement économique.
Féfé est écrivain et a l'intention d'écrire à propos de la disparition de Darìo Ezcurra en 1977, disparition jamais élucidée. Il mène son enquête, aider de ses amis d'enfance, les Tuttolomondo, fabricants des célèbres pâtes locales. Au fil des rencontres, au comptoir du bar Los Tocayos, en privé chez les notables de l'époque, ou chez ses diverses connaissances, les langues se délient, racontent. « Tout le village sait, tout le village sait. Ici tous s’imaginent qu’ils savent tout. Tu veux savoir la vérité ? Personne n’avait la moindre idée de ce qui se passait là-bas dedans. Un... comment dit-on... un bunker, ç’a toujours été le commissariat. Un monde à part. » Et se contredisent « Ce qu’on dit qu’elle disait, Féfé, me reprend Celia avec douceur. Si dans ce village tu n’apprends pas à écouter avec ton cœur tu ne vas jamais rien comprendre. »
Tous sont impliqués dans cette disparition, sinon directement, du moins par le silence qui a suivi en ces temps où les militaires avaient pris le pouvoir.
Qui était Darìo Ezcurra pour que cette affaire soit encore présente dans les esprits ? Et pourquoi Féfé s’intéresse-t-il autant à cette histoire ? Le sentiment d’étouffement qu’il éprouve dans ce village est accentué quand la figure de son grand-père surgit parmi les participants de la vindicte générale et les souvenirs remontent à la surface.
Ce qui s’est passé à Malihuel - dont le nom se compose de mal et huel, présent de l’indicatif du verbe oler sentir, exhaler une odeur - nous plonge au coeur de la mémoire argentine et du sentiment de culpabilité face à leur histoire récente.
Malihuel, petite ville de la province de Santa Fe au nord ouest de Buenos Aires, a connu son heure de gloire jusque dans les années 70 lorsque sa lagune était une station balnéaire réputée où les hôtels et club regorgeaient de notables. Lorsqu'après 20 ans d'absence Felipe Felix retourne dans cette ville où enfant il passait les 3 mois d'été chez ses grands parents, la ville n'a plus son rayonnement d'antan. Selon ña Agrippina la guérisseuse, les eaux de la lagune, outragées, se sont rebellées contre les habitants, ensevelissant sous les inondations les marques de ce lieu de villégiature, bloquant à jamais les projets de développement économique.
Féfé est écrivain et a l'intention d'écrire à propos de la disparition de Darìo Ezcurra en 1977, disparition jamais élucidée. Il mène son enquête, aider de ses amis d'enfance, les Tuttolomondo, fabricants des célèbres pâtes locales. Au fil des rencontres, au comptoir du bar Los Tocayos, en privé chez les notables de l'époque, ou chez ses diverses connaissances, les langues se délient, racontent. « Tout le village sait, tout le village sait. Ici tous s’imaginent qu’ils savent tout. Tu veux savoir la vérité ? Personne n’avait la moindre idée de ce qui se passait là-bas dedans. Un... comment dit-on... un bunker, ç’a toujours été le commissariat. Un monde à part. » Et se contredisent « Ce qu’on dit qu’elle disait, Féfé, me reprend Celia avec douceur. Si dans ce village tu n’apprends pas à écouter avec ton cœur tu ne vas jamais rien comprendre. »
Tous sont impliqués dans cette disparition, sinon directement, du moins par le silence qui a suivi en ces temps où les militaires avaient pris le pouvoir.
Qui était Darìo Ezcurra pour que cette affaire soit encore présente dans les esprits ? Et pourquoi Féfé s’intéresse-t-il autant à cette histoire ? Le sentiment d’étouffement qu’il éprouve dans ce village est accentué quand la figure de son grand-père surgit parmi les participants de la vindicte générale et les souvenirs remontent à la surface.
Ce qui s’est passé à Malihuel - dont le nom se compose de mal et huel, présent de l’indicatif du verbe oler sentir, exhaler une odeur - nous plonge au coeur de la mémoire argentine et du sentiment de culpabilité face à leur histoire récente.