Que s’est-il passé pour que Sébastien se retrouve assis dans cette pièce, face à Bourgoin, interlocuteur à la fonction énigmatique, qui l’interroge en consultant son dossier, faisant montre d’une écoute silencieuse à laquelle ce dernier n’a pas été beaucoup habitué ?Jeune adolescent longtemps considéré comme un enfant mutique et attardé, Sébastien va peu à peu livrer son histoire, sa famille, l’internat en institut spécialisé, se délivrer de cette histoire personnelle révélant une violence sourde. Dans toute cette souffrance seule surnage la figure du grand-père porteur d’amour et de sérénité mais au prix de quel silence ?Jean-Pierre Spilmont avec des phrases courtes et sèches nous donne à sentir la douleur bouillonnante de Sébastien face aux trahisons, lâchetés et bassesses du monde adulte. Un texte dense et âpre où les silences prennent autant de place que les mots.« Bourgoin m’a dit de tout raconter. J’ai d’abord cru que ce ne serait pas possible parce que je n’ai rien à dire.Maintenant il pose des questions et, parfois, les mots me sortent. Lentement. Parfois brusquement, et ça me fait du bien. Je ne comprends pas ce qui se passe en moi. Je ne parle jamais comme ça. D’habitude je reste muet.Et je me sens plus fort d’être muet parce que dans ces cas-là les autres s’affolent.D’autres fois, avec Bourgoin, il y a de longs silences. Alors il me semble que je tombe dans un trou et que je me débats comme une mouche dans un verre
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Que s’est-il passé pour que Sébastien se retrouve assis dans cette pièce, face à Bourgoin, interlocuteur à la fonction énigmatique, qui l’interroge en consultant son dossier, faisant montre d’une écoute silencieuse à laquelle ce dernier n’a pas été beaucoup habitué ?Jeune adolescent longtemps considéré comme un enfant mutique et attardé, Sébastien va peu à peu livrer son histoire, sa famille, l’internat en institut spécialisé, se délivrer de cette histoire personnelle révélant une violence sourde. Dans toute cette souffrance seule surnage la figure du grand-père porteur d’amour et de sérénité mais au prix de quel silence ?Jean-Pierre Spilmont avec des phrases courtes et sèches nous donne à sentir la douleur bouillonnante de Sébastien face aux trahisons, lâchetés et bassesses du monde adulte. Un texte dense et âpre où les silences prennent autant de place que les mots.« Bourgoin m’a dit de tout raconter. J’ai d’abord cru que ce ne serait pas possible parce que je n’ai rien à dire. Maintenant il pose des questions et, parfois, les mots me sortent. Lentement. Parfois brusquement, et ça me fait du bien. Je ne comprends pas ce qui se passe en moi. Je ne parle jamais comme ça. D’habitude je reste muet. Et je me sens plus fort d’être muet parce que dans ces cas-là les autres s’affolent. D’autres fois, avec Bourgoin, il y a de longs silences. Alors il me semble que je tombe dans un trou et que je me débats comme une mouche dans un verre . »