Un journaliste sportif — le narrateur et personnage central du roman — est censé obtenir un entretien avec Rodgeur Fédérère (dont seul l’orthographe diffère avec l’identité du vrai champion). Or cette interview arrive au mauvais moment, en 2008. Le tennisman, qui jusque-là a raflé tous les trophées, vient de commencer à perdre plusieurs matchs d’affilée. Panique à bord, effondrement intérieur. S’il avait la grâce, est-il possible qu’il ne l’ait plus ? et s’il l’a perdue, peut-il la recouvrer ?
Dans cette réjouissante odyssée qui porte bien son titre, Arno Bertina a fait le pari d’emprunter un personnage public pour le transfigurer dans une pure fiction. Et plus le récit prend des tours comiques, incongrus, délirants, plus le lecteur a l’impression de découvrir les dilemmes du vrai champion. Même si, pour l’auteur comme pour son alter ego journaliste, l’enjeu est ailleurs : retrouver l’accord du cœur et de l’âme, de la tête et des jambes, là où le tennis joue comme un terrain d’expérimentation de la légèreté, une métaphore sur la grâce du jeu, enfin délestée du regard des autres et des pesanteurs de l’être.
Un journaliste sportif — le narrateur et personnage central du roman — est censé obtenir un entretien avec Rodgeur Fédérère (dont seul l’orthographe diffère avec l’identité du vrai champion). Or cette interview arrive au mauvais moment, en 2008. Le tennisman, qui jusque-là a raflé tous les trophées, vient de commencer à perdre plusieurs matchs d’affilée. Panique à bord, effondrement intérieur. S’il avait la grâce, est-il possible qu’il ne l’ait plus ? et s’il l’a perdue, peut-il la recouvrer ?
Dans cette réjouissante odyssée qui porte bien son titre, Arno Bertina a fait le pari d’emprunter un personnage public pour le transfigurer dans une pure fiction. Et plus le récit prend des tours comiques, incongrus, délirants, plus le lecteur a l’impression de découvrir les dilemmes du vrai champion. Même si, pour l’auteur comme pour son alter ego journaliste, l’enjeu est ailleurs : retrouver l’accord du cœur et de l’âme, de la tête et des jambes, là où le tennis joue comme un terrain d’expérimentation de la légèreté, une métaphore sur la grâce du jeu, enfin délestée du regard des autres et des pesanteurs de l’être.