Franz Stangl et moi
Dominique Sigaud, [Stock - 2011]

« Au début il y aurait eu cet homme, Franz Stangl, né en Autriche en mars 1908, bon professionnel de la policeautrichienne, embauché par l’Histoire dans la Gestapo, rapidement monté en grade, d’abord surintendant à l’un des hôpitaux du programme d’extermination des handicapés, puis commandant du camp d’extermination de Treblinka en 1942. Sa dernière promotion. De là, l’Italie, la défaite, la fuite, le faux nom et l’installation au Brésil. De longues et belles années jusqu’à l’arrestation en 1967, l’extradition en Allemagne, le procès, la condamnation à perpétuité, puis l’appel. Au début du récit, il y aurait pourtant cette phrase prononcée la veille de sa mort, “Je n’ai plus d’espoir”, presque une phrase finale, précédée d’un “À présent j’ai tout dit pour la première fois”, le différenciant cette foisradicalement des autres responsables et qui entamerait la dernière période de son existence, environ vingt-quatre heures, l’engageant de façon inattendue dans une voie presque contraire à ce qu’il avait vécu jusque-là. D’où mon attrait peut-être, le désir d’en savoir plus. Une entrée en matière en tout cas, et ce Franz Stangl et moi venu d’emblée, en une fois. » Dominique Sigaud

À partir de cette question centrale : « Les points communs entre Stangl et moi », Dominique Sigaud nous donne à voir comment cet homme se trahira lui-même sous l’influence de la « loi du dragon » ; il n’a rien fait de mal, pense t-il, n’a fait qu’obéir aux ordres et par cette simple soumission a participé au pire. L’auteur, née quinze ans après la Shoah, interroge la façon dont sa génération a été confrontée au résultat, à la conséquence. Comment perdure aujourd’hui cette loi du dragon et la possibilité d’y résister. Livre singulier, totalement actuel du fait même qu’il est ancré dans un moment précis mais central de l’Histoire.