De mai à septembre 2008, Marie Cosnay assiste à des audiences d’étrangers présentés au Juge des Libertés et de la Détention de Bayonne. Elle livre ici un témoignage bouleversant, en portant sa voix au plus près de ces destins aux récits impossibles. Durant ces audiences, le juge décide de prolonger la rétention de ces étrangers qu'on appelle "sans papiers" dans les Centres de Rétention Administrative. Étrangers venus de pays où ils sont menacés, d’une manière ou d’une autre, et parfois installés en France et en Europe depuis de longues années. Pendant les comparutions, Marie Cosnay note ce qui se passe, ce qui se dit, les faits, les gestes, les paroles. D’assister ainsi à la mise en place d’un système et d’une politique qui brisent les individus la submerge de chagrin et du sentiment du néant. C’est pour quitter l’espace du chagrin et du néant qu’elle décide d’écrire les récits de ces audiences, de ces moments si particuliers où une personne, saisie dans son rapport avec l’administration et la loi française ou européenne du moment, n’est plus qu’un cas. Marie Cosnay s’efforce, dans son texte, de rendre
à cette personne sa dignité. Et de témoigner, de sa place de témoin chagriné, de sa place d’habitante frontalière, de ce qui, en son nom, en notre nom, se poursuit, en Europe et en France.
Extrait : "Par rapport à autrui, j’ai à faire. La révolte, je ne sais pas la mener. Le chagrin m’envahit. Je le pense insuffisant, agaçant, inquiétant même, s’il n’est accompagné de mise en question et de travail – tout modeste que soit ce travail. C’est en mon temps et en mon nom que des milliers de migrants d’Asie et d’Afrique sont enfermés dans les prisons modernes de l’Europe – et chaque semaine une vingtaine, ou davantage, à quelques kilomètres de chez moi, c’est-à-dire ici, à l’endroit où par le plus grand des hasards il m’est arrivé de naître, enchaînée à une histoire et à l’Histoire".
De mai à septembre 2008, Marie Cosnay assiste à des audiences d’étrangers présentés au Juge des Libertés et de la Détention de Bayonne. Elle livre ici un témoignage bouleversant, en portant sa voix au plus près de ces destins aux récits impossibles. Durant ces audiences, le juge décide de prolonger la rétention de ces étrangers qu'on appelle "sans papiers" dans les Centres de Rétention Administrative. Étrangers venus de pays où ils sont menacés, d’une manière ou d’une autre, et parfois installés en France et en Europe depuis de longues années. Pendant les comparutions, Marie Cosnay note ce qui se passe, ce qui se dit, les faits, les gestes, les paroles. D’assister ainsi à la mise en place d’un système et d’une politique qui brisent les individus la submerge de chagrin et du sentiment du néant. C’est pour quitter l’espace du chagrin et du néant qu’elle décide d’écrire les récits de ces audiences, de ces moments si particuliers où une personne, saisie dans son rapport avec l’administration et la loi française ou européenne du moment, n’est plus qu’un cas. Marie Cosnay s’efforce, dans son texte, de rendre
à cette personne sa dignité. Et de témoigner, de sa place de témoin chagriné, de sa place d’habitante frontalière, de ce qui, en son nom, en notre nom, se poursuit, en Europe et en France.
Extrait : "Par rapport à autrui, j’ai à faire. La révolte, je ne sais pas la mener. Le chagrin m’envahit. Je le pense insuffisant, agaçant, inquiétant même, s’il n’est accompagné de mise en question et de travail – tout modeste que soit ce travail. C’est en mon temps et en mon nom que des milliers de migrants d’Asie et d’Afrique sont enfermés dans les prisons modernes de l’Europe – et chaque semaine une vingtaine, ou davantage, à quelques kilomètres de chez moi, c’est-à-dire ici, à l’endroit où par le plus grand des hasards il m’est arrivé de naître, enchaînée à une histoire et à l’Histoire".